Tournoi des 6 nations: la France bat difficilement l'Irlande 26 à 21
Il y a 17 heures
PARIS (AFP) — Le XV de France a souffert le martyre en fin de rencontre pour battre l'Irlande (26-21), grisé par sa trop facile première mi-temps et les trois essais de Vincent Clerc, samedi au Stade de France lors de la 2e journée du Tournoi des six nations.
Si les grandes équipes naissent dans la souffrance, Marc Lièvremont tient là une solide référence, à méditer avant la réception de l'Angleterre. Pour avoir voulu tranquillement gérer son avantage, son équipe, qui avait jusque-là réussi à peu près tout ce qu'elle avait entrepris, a subi un terrible sursaut d'orgueil des Irlandais que seul le coup de sifflet final a pu arrêter à temps.
"On apprend beaucoup en gagnant et en souffrant, et Dieu sait si on a souffert pendant les vingt dernières minutes, a reconnu l'entraîneur français. On a été un peu puni pour avoir voulu gérer le match à l'heure de jeu. On s'est mis à reculer, à rendre des ballons. On a beaucoup souffert, mais je retiendrai malgré tout le courage et la volonté de l'équipe de défendre notre ligne."
Le capitaine celte Brian O'Driscoll avait prévenu avant la rencontre: contre la France, les Irlandais ont une fâcheuse tendance à se réveiller à la mi-temps. Comme en 2006, lorsqu'ils inscrivirent quatre essais en seconde période, en pure perte après le 29-3 encaissé avant la pause. Samedi, les joueurs d'O'Sulivan mirent une grande application à reproduire ce scénario.
Les Français, qui retrouvaient leur enceinte après l'avoir laissée en demi-finale du Mondial, peinaient pourtant à rentrer dans le match et les Irlandais s'installaient dans leur camp. Mais trop imprécis, dominés en touche et en mêlée, peu aidés, il est vrai, par la défense impitoyable de Szarzewski en premier rideau et Dusautoir en troisième, ils furent incapables de concrétiser leurs temps forts. A l'image de l'ouvreur O'Gara, régulier au pied mais à la peine dans le jeu, et qui gâcha d'une passe imprécise un essai qui semblait inévitable.
Ce temps d'adaptation passé, les Français firent parler la poudre à la première occasion en exposant leur art du contre.
Vincent Clerc avait marqué deux essais en Ecosse et fut relégué sur le banc. Remis en selle par la blessure de Julien Malzieu, il dut penser n'en avoir pas fait assez et en inscrivit trois. D'abord sur un judicieux service au pied de Jean-Baptiste Elissalde (7-0, 15), puis sur une contre-attaque menée par Skrela (12-3, 19).
Le calvaire de son alter ego, Geordan Murphy, n'était pas terminé. Peu avant la pause, Heymans profitait d'une perte de balle d'O'Gara pour trouver son partenaire toulousain, qui devenait le sixième joueur français à s'offrir un "hat-trick" dans le Tournoi (19-6, 37).
Cette évidente facilité tourna au sentiment de supériorité lorsqu'Heymans profitait d'un coup de pied rasant d'Elissalde pour ajouter un quatrième essai dès le retour des vestiaires. Mal leur en prit! C'est le moment que choisirent les Irlandais pour entamer leur résurrection.
Le pack vert se décida à avancer et mit son homologue français au supplice. Au terme d'un long travail de sape et après trois mêlées sur la ligne des cinq mètres français, l'arbitre leur accorda un essai de pénalité. Ils continuèrent d'appuyer sur cette corde sensible et ajoutèrent dans la foulée cinq nouveaux points par le troisième ligne David Wallace (26-18, 61)